Comme Tabris vous le disait il n’y a pas longtemps, je vais profiter de ses lieux pour y écrire des articles de temps en temps, lorsque ma motivation me le permettra. C’est à dire pas souvent, en bon procrastinateur qui se respecte.
Pour mon premier billet, je vais donc vous parler d’un anime que j’ai failli drop dès les premiers épisodes. Rétrospectivement, et ayant regardé l’épisode 33 il y a quelques jours, il aurait été bien idiot de m’arrêter si tôt. Certains d’entre vous auront deviné à partir du titre : je vais vous vanter les mérites de Kemono no Souja Erin.
Kemono no Souja Erin nous conte l’histoire d’Erin, une gamine aux yeux verts vivant seule avec sa mère, dans un village dédié à l’élevage des Touda, lézards géants utilisés par les armées du Grand Duc pour assurer la survie du pays face aux autres nations de ce monde médiéval.
Sa mère, répondant au mélodieux nom de Soyon est la principale vétérinaire du village. Malgré ses connaissances accrues et sa nette capacité à effectuer son travail à la perfection, elle est régulièrement sujette à la jalousie et au dédain de ses collègues de part ses origines Arryo. Mais ce n’est pas grave, car sa fille est là.
Erin, du haut de ses 10 ans, est bien plus curieuse que la plupart des enfants de son âge. À vrai dire, elle est même bien plus mûre que la majorité des gens que côtoient sa mère. Atteinte d’une curiosité presque maladive, elle est fascinée par les Touda et demande donc logiquement à sa mère de la former. Malgré son jeune âge, Soyon finit par céder face à l’entêtement de sa petite tête verte.
Donc pour résumer tout ça, on a une jolie loli vivant avec sa mère, toutes deux ayant pour origine une étrange ethnie à la chevelure et aux yeux verts, très mal vue par le reste du monde, dans un village s’occupant de bêtes féroces utilisées comme armes de destruction massive par un Grand Duc énigmatique, dont le premier ancêtre aurait juré de protéger une reine et son royaume, dont les sujets n’ont pas à aller à la guerre.
Et donc ? Ça m’a l’air assez banal, ennuyeux et rempli de clichés ce que tu débectes-là.
Oui, moi aussi je me suis dit ça aussi, lors des cinq premiers épisodes, et cette impression doit être autrement plus grande pour vous, lecteurs, ma capacité à écrire un synopsis attrayant étant inversement proportionnelle à ma propension à suivre des yeux le moindre fessier étant un tant soit peu joli à regarder. Mais détrompez-vous, cet anime est épique.
Mais qu’ils sont relous ces newfags à employer le terme « épique » à tort et à travers !
Non non non ! C’est vraiment épique ! Au sens propre du terme. Citons l’excellent Trésor de la langue française :
ÉPIQUE, adj. et subst.
I.Emploi adj. Qui concerne l’épopée.
B.[En parlant de choses]
1. Propre à l’épopée; caractéristique de l’épopée. Genre, forme, style épique. Les temps primitifs sont lyriques, les temps antiques sont épiques, les temps modernes sont dramatiques (HUGO, Cromw., 1827, p. 15).
2. Au fig. Qui mériterait de figurer dans une épopée; d’où iron. et fam., extraordinaire, mémorable. Ce fut épique! Un gueuleton épique (FLAUB., Corresp., 1864, p. 144).Les luttes épiques qui suivirent l’abolition des lois mercantiles (GUÈVREMONT, Survenant, 1945, p. 278). Je sais un autre couple d’évadés dont l’odyssée s’acheva sur une frayeur épique (AMBRIÈRE, Gdes vac., 1946, p. 239).
Kemono no Souja Erin est bien une épopée. Une épopée médiévale où l’on suivra Erin, les nombreuses épreuves qu’elle devra surmonter, sous l’œil du spectateur, parfois anxieux et inquiet, mélancolique ou encore mouillé par des larmes de joie. Erin fera également un tas de rencontre, par exemple ces deux voleurs d’œufs de Touda, qui finiront par lui jurer allégeance et de la suivre jusqu’à la fin de son voyage, peu importe où il les mènera, ou encore John, cet apiculteur qui lui apprendra tout ce qu’il sait sur les abeilles, la nature et la vie en général.
Mais là où je trouve vraiment cet anime excellent, c’est dans sa narration. Premièrement, Erin grandit. L’histoire démarre alors qu’elle n’est âgée que de 10 petites années. L’épisode 32 démarre après une seconde ellipse temporelle, où elle est alors âgée de 18 ans. En des termes plus crus pour le lectorat pervers du fond qui s’endort : loli → jailbait → adult, she does it all. Deuxièmement, il faut noter que l’auteur des romans dont est adapté cet anime n’est autre que Uehashi Nahoko, l’auteur de Seirei no Moribito, une série de nouvelles où l’on suit les tribulations d’un jeune prince qui doit fuir sa famille suite à une énigmatique prophétie, et qui m’avait déjà grandement captivé de par ses qualités narratives. En parlant de narration, il faut signaler que la voix off n’est pour une fois pas de trop, ne part pas en délire post-moderne à la Hayate no Gotoku, et se contente de rappeler certains événements ou d’expliquer plus en détail le fonctionnement du monde dans lequel évolue Erin.
Aux commandes de l’adaptation, on retrouve le connu et reconnu studio Production I.G. qui avait déjà œuvré sur Seirei no Moribito et qui rédicive ici avec un style particulier, où les combats ne sont pas sans rappeler les dessins psychédéliques de Kaiba ou de Kemonozume et où certains décors semblent oublier toute notion de perspective, d’une façon me rappelant directement ces peintures moyen-âgeuses ennuyeuses que l’on est forcé d’étudier sur les bancs des cours d’histoire du lycée (ou collège ?). Seule ombre sur le tableau, le chara design qui mériterait d’être plus sophistiqué. Mais bon, on s’y fait vite, et ce n’est pas le plus important dans cette histoire.
De plus, cet anime m’a fait découvrir une voix que je ne connaissais pas, tout du moins en tant que doubleuse dans un anime, et cela est bien normal, c’est son premier rôle : j’ai nommé Hoshii Nanase. N’ayons pas peur des mots, je suis amoureux de cette voix, et en particulier ce petit rire léger dont elle nous fait part régulièrement, tout simplement à craquer. Tant qu’on est dans les célébrités, sachez également que le deuxième opening de la série n’est autre qu’une reprise du premier par la chanteuse Chitose Hajime, chanteuse du tout premier ending de BLOOD+, qui vient ici nous faire profiter une nouvelle fois de ses merveilleuses trilles.
Pour finir, je vous invite à regarder au moins les six premiers épisodes, ce qui conclut le premier arc de l’histoire ; et de ne pas céder face au chara design pauvre et aux décors complètement glucoses, tout du moins pas avant ce sacro-saint sixième épisode. Si vous avez aimé Seirei no Moribito, que vous aimez les histoires narrant l’évolution et le passage à l’âge adulte d’une innocente petite fille et que vous êtes prêts à vous embarquez dans une série de 50 épisodes, foncez.
J’ai dit un quart de ce que je voulais vous faire part au début, mais il est assez difficile de parler de ce qu’il se passe au-delà de l’épisode charnière 6 sans spoiler à mort, je vous laisse découvrir cette petite merveille vous-même !
17 septembre 2009
nox




Emploi adj. Qui concerne l’épopée.


Tamayura 01 & 02 : une escapade réconfortante
Posted in
Tags: 




J’ai tout lu \o/
Très bon article nox ! =D
Ça me fait penser qu’il faut que je continue cette jolie série. =)