
Premier article d’une série (je l’espère) consacrée au manga numérique et à son avenir en France, en posant la question directement aux éditeurs de l’hexagone.
En utilisant le terme « manga numérique », j’entends par là un manga distribué d’une façon ou d’une autre dans un format dématérialisé : site internet, iPad, Kindle…ces deux derniers étant probablement les deux fers de lance pour tout ce qui est livre numérique, chacun proposant un confort de lecture plus qu’acceptable et une certaine facilité pour gérer une bibliothèque.
Jusqu’à présent, la majorité des mangas disponibles dans ce format provenaient des « scanlations » traductions amateurs directement depuis le japonais. Et comme avec les animes avec le simulcast, les éditeurs aux Etats-Unis et en France commencent à proposer leurs propres canaux de distribution (et à engager des actions contre les aggrégateurs de scans) pour récupérer leur public devenu impatient et avide d’avoir leurs nouveautés avec un décalage réduit par rapport au Japon. On pourra prendre l’exemple de Square-Enix, qui va proposer à l’automne via un site dédié la lecture en ligne des titres que la société édite.
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Je me suis donc tourné vers nos éditeurs en leur demandant ce qu’ils pensaient de ce format et qu’elles étaient leurs plans par rapport à celui-ci. Glénat m’a gentillement (et rapidement) répondu, en cette période creuse d’été.
Pour Benoît Huot, responsable éditorial manga de la société, la publication de manga au format numérique est « pour le moment complémentaire au format papier » et « est amené à prendre de plus en plus d’ampleur« . Clairement, on en est encore au stade du balbutiement, mais on peut commencer à entrevoir ce que sera l’avenir. Deux facteurs entrent en jeu : « une plus grande habitude d’utilisation » ainsi qu’une offre « de contenu dédié au support et non un simple portage« .
Le manga numérique ne devrait donc pas remplacer le manga papier, mais plutôt répondre « à de nouveaux besoins qui n’existaient pas par le passé« . Et donc une nouvelle façon de consommer :
[pullthis]On observe en effet que plus les produits culturels tendent à la dématérialisation et plus les consommateurs cherchent à se rapprocher d’un achat physique (éditions de luxe, collector, etc.).[/pullthis]
Il y a des chances que le comportement des lecteurs soit amené à se scinder en fonction de leurs attentes profondes : la lecture sur écran pour découvrir, soit gratuitement, soit à titre peu onéreux, de nouvelles œuvres, et la lecture papier pour les ouvrages que l’on estime nécessaire d’avoir pour les lire et les relire.
Il est facile ici d’effectuer le parallèle avec ce qui se passe pour l’animation, avec le simulcast puis la sortie en DVD/Blu-Ray. Difficile, par manque de recul, de savoir si c’est le bon chemin, mais cela semble être un choix logique.
Alors, quels sont les projets de Glénat à court terme pour ce format ? Malheureusement, pour l’instant rien n’est prévu, la contrainte des droits numériques entrant en jeu « la majorité des éditeurs japonais dissocient les droits papier et les droits numériques. Ils conservent l’exploitation des droits numériques« .
Bien qu’aucune action ne soit encore en place, la réflexion est donc déjà engagée chez Glénat pour le manga numérique, et nous pourrons sans doute découvrir dans quelques temps une offre basée dessus. Je remercie encore une fois Benoît Huot pour m’avoir répondu ainsi que Sophie Caiola du service presse pour avoir fait passer mes questions !
2 août 2010
Tabris


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Impressions sur les reportages de CinapsTV à la Japan Expo 2010
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Il y a fort à parier que la dissociation des droits devienne la norme du secteur. La négociation séparée des droits physiques est numérique s’est imposée aux États-Unis, principalement du fait que les entreprises à même d’assurer l’exploitation numérique (e.g. Amazon) n’avaient pas d’activité papier et réciproquement. Le manque de compétence des éditeurs traditionnels en matière de numérique a même, en amont, incité les agents littéraires et les auteurs à imposer la séparation des droits.
Pour les éditeurs de mangas français, cela signifie qu’ils doivent agir vite : il y a des raisons de penser qu’un nouvel entrant disposant du savoir-faire technologique nécessaire (Amazon, là encore, mais aussi une nouvelle entreprise) pourrait rapidement s’imposer sur le marché.
[...] premier sujet m’intéresse particulièrement, en rapport avec mon article sur le manga numérique et Glénat, tout comme une partie du deuxième sujet, qui pourra également nous donner quelques pistes sur ce [...]