Prospective sur le simulcast manga

Simulcast manga

Le simulcast d’animes, c’est à dire la diffusion légale d’animes quasiment en simultané hors Japon, est maintenant une norme établie et acquise. De plus en plus de séries sont proposées par ce biais, selon différentes offres : gratuit, paiement à la séance, abonnement, et même téléchargement définitif sans DRM. Quasiment tous les éditeurs s’y sont mis, et bien qu’une partie conséquente du public continue à privilégier le fansub, ce système a réussi à capter de nouveau les autres vers une offre légale. Mais qu’en est-il de son possible équivalent pour le manga ? Rien ne semble encore fait, en tout cas pas dans un cadre où on nous proposerait les derniers chapitres des mangas en simultané avec leur sortie en prépublication. Qu’existe-t-il à l’heure actuelle ? Quelles sont les offres envisageables ? Et quelles sont les contraintes ?

L’offre actuelle de manga numérique

L’offre actuelle de manga numérique en France se focalise plus sur la mise à disposition de tomes complets, de séries déjà éditées en France, à l’exception de Gate 7 chez Kaze, qui est publié ici un mois après la publication japonaise, et disponible sur l’iBook Store. Pour le reste, on retrouve donc l’offre de Square Enix, avec par exemple FMA ou Soul Eater, ou encore Mirai Nikki chez Izneo. Malheureusement, toutes les offres ont des tarifs exorbitants pour du numérique de 3,99€ à 4,99€, qui rendent l’achat injustifiable par rapport à une version papier, dont les acheteurs français sont (très) adeptes.

Difficile dans ces conditions de développer le manga numérique en France. D’ailleurs, ce n’est probablement ces produits qui seraient les plus intéressants pour y arriver. Le numérique permet la simultanéité, et de nombreux lecteurs de scans le font pour (comme pour les animes) suivre le même rythme de publication que les japonais. Et c’est ici que le simulcast manga, avec une offre légale de qualité, aurait sa place.

Le simulcast manga : quoi, comment, combien ?

Qu’est-ce que serait le simulcast manga ? La mise à disposition des derniers chapitres des séries prépubliées au Japon, traduits, dans un délais court et de façon légale.

Si la nécessité d’un simulcast manga semble acquise pour contrer les scantrads, et faire revenir les lecteurs vers une offre légale, la question de la forme se pose. En faisant un parallèle avec ce qu’il existe pour les animes, on pourrait imaginer différents modèles :

  • Une offre gratuite, disponible pour un temps limité, avec des pages publicitaires dans chaque chapitre.
  • Une offre payante au chapitre, à un tarif raisonnable, variable suivant la longueur du chapitre. J’évaluerais la limite haute sans doute aux alentours de 60 centimes/chapitre pour les plus longs. Cette offre pourrait se coupler avec celle au-dessus, en tant qu’option pour éviter la pub ou pour un téléchargement définitif.
  • Une offre par abonnement : paiement au mois d’une somme fixe, donnant accès à toute la bibliothèque traduite. Tarif de l’ordre de 3€ à 5€/mois, mais cela nécessite une collection conséquente pour être intéressant.

La première offre obtiendrait probablement le plus de succès, mais les deux autres ont leur intérêt, et je pense qu’ensemble elles couvrent les besoins de la plupart des lecteurs. Mais si cela semble simple, il y a en fait à mon avis, deux grosses contraintes pour la mise en place d’une telle offre.

Les contraintes

Les ayants-droits

Bien entendu, nous connaissons tous la frilosité des ayants-droits japonais quand on parle de nouveautés. Et renégocier les droits numériques, les délais, établir des offres qui leur conviennent, nécessite du temps, comme le disent eux-même les éditeurs français. Cette idée de simulcast manga est déjà en travail depuis quelques temps chez eux, espérons que cela avance vite. Et l’erreur n’est pas permise.

Une offre universelle

La seconde contrainte, c’est celle de proposer une offre accessible sur toutes les plate-formes. La lecture de scantrads se fait encore beaucoup depuis un ordinateur, bien que celui-ci soit probablement le moins agréable, et que les tablettes commencent à se populariser. La consultation depuis un mobile doit être envisagée également, que ça soit un iPhone, un Android ou quelconque autre smartphone. Difficile donc de concilier tous les modes, et même actuellement pour le simulcast d’animes, aucune offre de ce type n’existe.

Pour finir

Il faut tout d’abord rappeler que le manga numérique, ou un simulcast, seraient long de faire disparaitre le format papier. C’est une option complémentaire, qui permet de répondre aux besoins de différents types de lecteurs. Et le manga papier, tout comme le format disque, gardera toujours sa valeur ajoutée dans un packaging, ou des bonus proposés par les éditeurs.

Si nous n’y sommes pas encore, on peut supposer que le simulcast manga devrait apparaitre dans un avenir proche, car il s’impose comme une nécessité pour faire revenir les lecteurs vers l’offre légale. Quelque soit la forme choisie par les éditeurs, si celle-ci est attractive, elle devrait être en mesure de réussir de la même façon que son pendant pour les animes. Et plus efficacement que l’initiative de Kaze, pas mauvaise en soi mais qui ne résout rien.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Seriez-vous intéressé par une telle offre ? A quel prix ? Sous quelles conditions ?

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12 Responses to “Prospective sur le simulcast manga”

  1. Tetho dit :

    Le simulscan (urg, néologisme qui perce mes tympans) ça existe déjà, ça s’appelle le scantrad (mes tyyyyympaaaaannssss). Le laisser-aller des éditeurs (jpn comme occidentaux) face à des sites comme Mangafox m’a toujours effaré. Si y a bien un endroit où il faut faire un procès pour l’exemple, c’est celui des sites de lecture en ligne. Mais personne ne semble l’avoir compris.

    Blague à part entre le bordel que risque d’être la gestion des droits, les histoire de DRM que les japonais ne manqueront pas d’imposer (voir pire, des lecteurs flash mal foutus comme ce que Squix impose sur sa boutique en ligne), les immanquables bourdes qui feront que des chapitres seront en ligne 2 semaines trop tôt, je vois mal tout ça se mettre en place chez nous. Surtout qu’au final les offres risqueraient d’être disparate et comme le simulcast il faudrait aller chez plusieurs fournisseur de service à la fois pour suivre tout ce qu’on veut.
    Idéalement c’est les japonais qui proposeraient ça eux même en fournissant des versions numériques traduites de leurs magazines, je payerais volontiers jusqu’à 3€ chaque mois pour des versions numériques de l’Afternoon ou du Fellows!, mais quand je dis ça je rêve en couleur tant ça irait à l’encontre de la culture d’entreprise de nos amis nippons.

  2. Mackie dit :

    pour ou contre le manga numérique, cette alternative me laisse de marbre, je ne m’intéresse pas au support mais au contenu. si des oeuvres sont spécialement conçues pour ce support, je m’y intéresserai forcément un lour ou l’autre. si au contraire il ne s’agit que de distribuer du scan, quelle que soit la politique tarifaire, alors niet. je ne lis déjà pas de scantrad, parce que je trouve ça moche, alors…

    • Tabris dit :

      Très peu de chances de voir une oeuvre uniquement destinée au numérique, la politique des éditeurs ne s’oriente pas vers cela actuellement. Après qu’à l’instar du simulcast anime, une oeuvre ayant rencontré un succès mitigé en numérique ne soit pas publiée au format papier, ça peut s’envisager.

    • Tetho dit :

      Se poser la question « pour ou contre la BD (voir le livre) numérique » est à mes yeux une preuve de son appartenance aux oldtypes. Il n’y a pas a les opposer, chaque support a ses avantages et ses inconvénients. Et ceux qui parlent d’un « attachement au papier » sont juste des aveugles qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
      Si pour le moment la BD numérique est une (vaste) blague qui consiste à vendre les albums numérisés pour des écrans qui ne leur sont pas adaptés (format 1/racine de 2 que l’on lit sur des moniteurs 16/9, faites le calcule), ou pire, massacrés et découpés case par case pour être diffusé sur smartphones. Bref rien d’intéressant, la chose a pourtant bien plus de potentiel. Et au lieu d’essayer de vous en convaincre, je vais laisser balak le faire par de la BD numérique justement :
      http://boubize.blogspot.com/2009/02/petites-reflexions-sur-la-bd-numerique.html
      http://boubize.blogspot.com/2009/02/reflexions-sur-la-bd-numerique-2-le.html
      http://boubize.blogspot.com/2009/08/bon-une-petite-bede-numerique-passque.html

      Et sans passer par le flash on peut faire des trucs très bons rien qu’avec les spécificités d’un navigateur, comme avec cette très bonne nouvelle de Tsutsui Tetsuya :
      http://www.ki-oon.com/Preview/collector/collector.html
      (lisez la postface ensuite, elle est très intéréssante)

      Un autre bon exemple est Never mind the bullet, une BD en html5 :
      http://www.nevermindthebullets.com

      Bien sûr pour le moment il n’y a pas grand chose hors du cadre expérimental (même si je suis sûr qu’on trouve des BD numériques pensées pour ce format sur l’Apple Store et les iDevices), à commencer au Japon où les éditeurs dont trop attachés à leurs magazines de prépublications qu’ils savent condamnés. Mais d’ici moins de 10 ans on verra probablement de vraies merveilles qui ne pourront êtres lues que de manière numérique car les spécificités apportées feront parties intégrantes de l’expérience de lecture.

  3. Tinky dit :

    Quand on est un gros connard matérialiste comme moi, il y a peu de chances qu’une offre de ce genre plaise. Après, je dis pas non pour les manga que je suis chapitre après chapitre (souvent des shonen), ça sera toujours mieux que de lire du scantrad.

  4. Tabris dit :

    Aux Etats-Unis, ça commence à s’organiser http://www.actualitte.com/actualite/bd-manga-comics/univers-manga/un-magazine-manga-numerique-en-sortie-quasi-simultanee-japon-us-29118.htm

    Le Shonen Jump traduit, disponible en numérique, avec deux semaines de retard. C’est encore beaucoup trop, mais on progresse dans le bon sens.

    @Mackie : il me semble oui

  5. Faust dit :

    Pour répondre bien sagement à la question posée à la fin de l’article, ça ne m’intéresserait pas du tout. J’ai toujours trouvé hyper désagréable de lire des scans sur un ordinateur, même une offre légale ne changerait rien pour moi…

  6. Natth dit :

    Aux Etats-Unis, on trouve déjà pas mal de BD « type manga » sur Kindle, souvent à 4$ d’après ce que j’ai pu voir. Mais ce sont des BD réalisées par des auteurs américains ou publiés directement aux Etats-Unis. Je n’ai vu que très peu de mangas japonais publiés sur Kindle. Il y a certainement d’autres interfaces que celles de Kindle, mais on ne trouve rien d’autre sur Amazon (je n’ai pas cherché ailleurs). Pour ma part, c’est plus les romans que les mangas numériques qui m’intéressent. Le gain de prix, de place et de frais d’envoi est très tentant. Par contre, les logiciles propriétaires ou les DRM le sont nettement moins ^^ »

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